Gardien international iconique de la fin des années 80 au milieu des années 2000 ayant remporté trois médailles d’or olympique et deux titres mondiaux, avec l’Union soviétique, l’équipe unifiée et la Russie, Andreï Lavrov a porté pendant trois saisons les couleurs de l’US Ivry Handball, s’adjugeant notamment la Coupe de France 1996. Il revient à Delaune, vendredi, comme entraîneur des gardiens de Strasbourg.

Des plus grands du sport international, il a le palmarès. Mais aussi l’exigence, la simplicité et la générosité. Ainsi Andreï Lavrov, 60 ans, continue de transmettre la passion du jeu et la science de l’excellence qu’il a connue dans les buts… auprès du club de Strasbourg, 12e de Proligue et futur adversaire des Rouge et Noir. Il détaille : « C’est vraiment un hasard si je me suis retrouvé à entraîner ici. En 2019, juste avant l’Eurotournoi où Moscou venait jouer, j’ai assisté à un match amical de préparation estivale entre Besançon et Strasbourg. Il y avait Denis Lathoud sur le banc de Strasbourg et j’ai vu leur grand gardien, Romain Mathias, qui avait le même genre de gabarit que le mien. Mais il n’avait pas trop de technique. Après le match, j’ai discuté avec Denis et il m’a dit qu’il n’avait personne pour le spécifique du poste et m’a demandé si je ne voulais pas venir lui donner un coup de main. J’ai dit : “pourquoi pas ?” puisque j’étais à la retraite et que j’avais du temps… »

Depuis « Dédé » s’est repiqué au jeu et distille ses conseils à Romain Mathias mais aussi un autre jeune talent bien connu des Val-de-Marnais : Jean-Emmanuel Kouassi, en prêt depuis cet été. Le coach de commenter : « Ce sont deux jeunes gardiens encore. À leurs âges, tu as encore beaucoup à apprendre. Ça n’est qu’à partir de 26/27 ans que tu commences à pouvoir être solide. Il faut prendre de l’expérience. C’est le cas pour Jean-Emmanuel qui peut faire un très bon match un jour et être vraiment moins bon le suivant. Il peut y avoir de la frustration. Mais ils doivent apprendre, avoir plus de connaissances pour arriver à maturité ensuite et être stables. On ne peut pas être parfait à cet âge. Néanmoins, Jean-Emmanuel avait de bonnes bases car il a travaillé de manière intéressante avec Marc-Olivier Albertini à Ivry. »

Un clin d’oeil du destin et une boucle bouclée au moment où les deux collectifs vont se croiser dans l’antre des Rouge et Noir où la légende a marqué de son empreinte l’histoire du club. « Le club me tient vraiment à cœur et c’est forcément une belle émotion de revenir ce vendredi » avoue Lavrov. « Pour toute notre famille ce sont de beaux souvenirs à vie. J’espère qu’il y aura quelques joueurs avec qui j’ai joués qui seront là. J’ai de grands souvenirs avec l’US Ivry, notamment notre victoire en Coupe de France en 1996. Je crois que ce succès a donné un certain élan ensuite au club qui a remporté le championnat en 1997 et fait une très belle campagne européenne. Ivry n’était pas le premier budget à l’époque mais l’implication qu’il y avait de la part de nombreuses personnes dans et hors du club montrait bien la ferveur qu’il pouvait y avoir. En mémoire, je me souviens des supporters qui étaient venus d’ailleurs pour la finale de Coupe de France (à Saintes, ndlr), c’était incroyable. J’ai vraiment aimé ces années. J’étais arrivé après une parole donnée à Valery Sidorenko, le coach d’alors. Il y avait aussi la famille Kudinov. Cela avait facilité mon intégration. »

Et des performances qui auront contribué à la légende des Rouge et Noir. 

Vivement vendredi pour un nouveau tour de piste !