US IVRY HANDBALL

Dernières parades pour « Fixe »

21/05/2018

Ce n’est un secret pour personne, François-Xavier Chapon, le gardien et capitaine emblématique de l’US Ivry Handball, prendra sa retraite sportive au haut niveau à la fin de cette saison. Il lui reste deux matchs pour régaler encore ses partenaires et le public. Portrait.

 

Bouillonnant sur le terrain et d’une tranquillité légendaire en dehors, François-Xavier Chapon, capitaine et portier des Rouge et Noir, est un habitué des paradoxes. De ceux qui forcent le respect. Comme cet autre de n’avoir fait sa carrière que dans un club, à l’USI donc, fier défenseur des couleurs et valeurs maison, à l’heure où les changements de tuniques quasi incessants sont légions. Tout simplement parce qu’il était bien ici, en équilibre. Il ira dès la rentrée prochaine, sa disponibilité de professeur arrivée à son terme, enseigner alors que son niveau lui aurait largement permis de jouer les prolongations à un poste où la maturité est une bénédiction. « C’est F.X ça, un mec bien, le genre que l’on oublie parfois de mettre en avant tant il fait partie du paysage » glisse Pascal Léandri, partenaire, entraineur puis manager du portier. « Cela aura été un très grand gardien, un des meilleurs de la D1, travailleur, fidèle et plein de talent. Il aurait mérité plus encore au niveau international mais il a eu le malheur d’être de la même génération que Thierry Omeyer. »

Arrivé au centre de formation au début des années 2000, le sage dernier rempart,  a découvert le jeu dans l’Ouest, notamment aux côtés de son père avec qui il va partager une saison les cages, puis va trouver dans le Val-de-Marne une autre famille et de quoi progresser. Coach emblématique de l’époque, Daniel Hager se souvient de l’éclosion de celui qui allait occuper pendant un bail de 17 saisons les cages maisons : « Alors qu’il était avec le centre, il est venu avec nous en stage et tout de suite, j’ai senti qu’il avait un truc. Chaque saison, il a franchi des étapes dans sa progression. Il est passé de 3e à 2e gardien puis de 2e à 1er. Jusqu’à être capitaine de l’équipe aujourd’hui tout en étant une référence à son poste. Il a gagné des titres et su transmettre les valeurs du club tout au long de sa carrière et c’est quelque chose d’assez rare pour s’y arrêter. Ce qui a aussi été intéressant dans son évolution, c'est sa bagarre avec Rémy Gervelas quand ils étaient au centre de formation ensemble. Rémy n’a cessé de le bousculer avec sa façon de faire très différente, encore aujourd’hui alors qu’ils forment une belle paire. Quelqu’un comme F.X, tu peux compter dessus et dans un collectif, c’est quelque chose de très précieux. Et on s'est habitué à compter sur lui ! Son style agressif et sa qualité de placement sont de grande qualité. »

Ancien partenaire qui l’a vu s’imposer dans les bois rouges et noirs, Dragan Pocuca se souvient des heures passées ensemble : « Quand il a intégré l’équipe première avec moi, En 2004, je devais être le numéro 1 et lui le numéro 2 à qui je devais transmettre. Ça a été le cas même s’il avait déjà un bon niveau. Surtout, il était capable de prendre le relai et de faire gagner des matchs quand j’étais moins bon ou blessé. C’était un gamin adorable, un peu timide et parfois il se confiait à moi comme à un grand frère. On est resté très amis depuis toutes ces années. Il peut être fier de ce qu’il a accompli à Ivry, c’est une carrière exemplaire. »

5e meilleur gardien de l’histoire de la LNH avec 2422 arrêts en première division, série en cours, François-Xavier Chapon est le détenteur du record de penalties arrêtés dans l’élite (216) au cours des 317 matchs de championnat disputés en rouge et noir. « Ça, ca a toujours été son truc » se remémore Pascal Léandri. « Quand je jouais encore et qu’il était tout jeune, on se faisait des séances spéciales ensemble, après les entrainements, car j’avais la charge des penalties. Et on se challengeait tout le temps. Il fallait que je mette des séries et tant que ça n’était pas fait, on continuait. Même chose quand je travaillais mes contre-attaques ou les tirs à l’aile. Il ne comptait pas son temps. On en a gardé un lien particulier. Cela aura été un joueur très important du club et ses performances auront accompagné tous les grands moments d’Ivry ces dernières années. »